Formation en biologie végétale
Écologie végétale
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Focus sur les associations forestières de Belgique

La suite de ce module se veut une synthèse des associations forestières rencontrées et propose une clé de détermination rapide pour tous les types de forêts feuillues (les plantations monospécifiques de résineux exotiques étant exclues). Ces différentes associations forestières se retrouvent également sur le site La biodiversité en Wallonie. Le nombre d’associations et la typologie ont volontairement été simplifié, à la fois pour nous référer aux formations qui existent encore actuellement et pour faciliter la tâche des étudiants. 

La nomenclature des genres et des espèces a été modifiée pour suivre celle de l’APGIV (et la Flore écologique de Belgique, Jacquemart et Descamps, 2018). Les synonymes des noms de genres sont indiqués entre parenthèses. Pour la facilité de lecture, les noms latins et français sont en général cités (les noms français peuvent être limités aux noms de genres pour améliorer la lisibilité et la lecture). 

La nomenclature pour les formations forestières suit la typologie phytosociologique et utilise les noms d’associations végétales ainsi que l’appellation courante que nous lui avons choisie. Les appellations et codes EUNIS et Natura2000 sont également indiqués au début de chaque description d’association. Dans quelques rares cas, nous précisons les sous-associations possibles, comme par exemple, lorsque les conditions de richesse minérale du sol et la bonne rétention en eau permettent le développement d’un groupement dominé par l’ail des ours Allium ursinum, entraînant la distinction de la sous-association allietosum.

Clé de détermination des principales associations forestières

  1. – Milieux sur sols bien drainés à secs → 2
    – Bords des cours d’eau ou milieux sur sols très engorgés, à eaux stagnantes → 12
  1. – Forêts de ravins sur éboulis non stabilisés → 3
    – Substrats stabilisés, sans éboulis → 4
  1. Mélange d’érables, tilleuls et ormes, nombreuses espèces calcicoles, sur substrats calcarifères, dans le bassin de la Meuse et affluents → Érablière-tillaire à scolopendre (Tilio-Acertum)
    – Dominance de l’érable, quelques espèces acidiphiles, sur substrats gréso-quartzitiques, en Ardenne → Érablière des coulées pierreuses (Dicrano-Aceretum)
  1. – Domaine atlantique, présence de jacinthe → 5
    – Domaine médio-européen, absence de jacinthe → 6
  1. – Dominance du hêtre → Hêtraie atlantique à jacinthe (Endymio-Fagetum)
    – Dominance du chêne et/ou du charme → Chênaie-charmaie atlantique à jacinthe (Endymio-Carpinetum)
  1. – Présence de nombreuses espèces calcicoles (érable champêtre, buis, bois-joli, fusain, troêne, orchidées, hellébore, primevère officinale) → 7
    – Absence d’espèces calcicoles → 8
  1. – Dominance du hêtre et des tilleul → Hêtraie calcicole à orchidées (Carici-Fagetum)
    – Dominance du chêne et/ou du charme → Chênaie-charmaie calcicole (Carici-Carpinetum)
  1. – Présence d’espèces neutrophiles ou mésophiles (érables, frêne, merisier, fraisier, aspérule, mélique, primevère élevée, diverses renoncules) → 9
    – Présence d’espèces acidiphiles (sorbier des oiseleurs, bourdaine, canche flexueuse, fougère aigle, myrtille) → 10
  1. – Dominance du hêtre → Hêtraie neutrophile à mélique (Melico-Fagetum)
    – Dominance du chêne et/ou du charme → Chênaie-charmaie neutrophile à primevère (Primulo-Carpinetum)
  1. – Dominance du hêtre → Hêtraie acidiphile à luzule (Luzulo-Fagetum)
    – Dominance du chêne et/ou du charme → 11
  1. – Présence de charme → Chênaie-charmaie acidiphile à stellaire (Stellario-Carpinetum)
    – Absence de charme → Chênaie acidophile (Querco-Betuletum, Fago-Quercetum, Molinio-Quercetum)
  1. – Bords des cours d’eau, eaux vives, alternance de crues et de périodes d’étiage → 13
    – Eaux stagnantes, présence d’iris jaune ou de sphaignes → 16
  1. – Dominance des saules → Saulaie alluviale (Salicetum triandro-viminalis)
    – Dominance de l’aulne et/ou du frêne → 14
  1. – Mélange de frêne et d’ormes, dans les grandes vallées à eaux lentes → Frênaie-ormaie alluviale, présence d’aegopode, alliaire, ortie (Ulmo-Fraxinetum)
    – Mélange d’aulne et de frêne, des cours d’eau rapides ou des sources et ruisselets → 15
  1. – Banquettes alluviales des têtes de sources et ruisselets → Aulnaie-frênaie à laîches, présence de circée, populage, cardamines (Carici remotae-Fraxinetum)
    – Banquettes alluviales des cours d’eau → Aulnaie-frênaie à stellaire, présence de fétuque, phalangère, balsamine (Stellario-Alnetum)
  1. – Substrats tourbeux, en Ardenne, dominance des saules ou du bouleau pubescent → 17
    – Substrats marécageux, quelle que soit la région, dominance de l’aulne → 18
  1. – Dominance des saules et de la bourdaine → Saulaie tourbeuse, présence de saules, bourdaine, comaret, cirse des marais (Frangulo- Salicetum)
    – Dominance du bouleau pubescent Boulaie tourbeuse, présence de sphaignes, molinie ou myrtille des loups (Vaccinio-Betuletum pubescentis)
  1. – Substrats eutrophes → Aulnaie marécageuse-mégaphorbiaie à iris jaune, reine des prés, angélique, cirse des marais, valériane, eupatoire, ortie (Macrophorbio-Alnetum-  Carici elongatae-Alnetum – Peucedano- Alnetum)
    – Substrats oligotrophes → Aulnaie marécageuse à laîche lisse, bistorte, canche flexueuse (Carici laevigatae-Alnetum)

Les érablières de ravin

Acerion pseudoplatani

Il s’agit de forêts fraîches à strate arborescente soit quasi exclusivement constituée d’érables sur éboulis gréso-quartzitiques acides en Ardenne, soit plurispécifique à dominance variable dans les territoires calcaires inféodés aux vallées mosanes. Les formations hétérogènes incluent de l’érable sycomore Acer pseudoplatanus, du frêne Fraxinus excelsior, des tilleuls Tilia spp. et des ormes Ulmus spp.

Ces formations étant exceptionnellement rares, elles sont déclarées priori- taires au niveau Natura2000 (code 9180).

Grâce à leur encaissement, elles bénéficient, à l’abri des vents, d’une atmo- sphère fraîche et humide où les écarts thermiques sont atténués. Les espèces arborescentes sont bien adaptées aux sols incomplètement stabilisés, qu’elles contribuent à fixer par leur enracinement oblique et profond, la longévité de leurs cépées et leur facilité de rejet. La flore herbacée est surtout sciaphile et comporte diverses fougères.

Érablière-tillaie des éboulis calcaires à scolopendre​

Association Tilio-Aceretum Tüxen 1955 (Phyllitido scolopendrii– Aceratum pseudoplatani Moor 1952)

Code EUNIS G1.A41a – Érablaie-tillaie à scolopendre

Code CORINE 41.4111

Caractéristiques stationnelles

L’érablière-tillaie (ou érablaie-tillaie) à scolopendre est bien répandue dans toutes les régions calcaires accidentées de l’Europe occidentale, sur les éboulis calcaires (pH : 6,5-7,5) non stabilisés des grands versants ombrés. En Belgique, il s’agit d’une association caractéristique du bassin de la Meuse et de ses affluents, bien que l’on en trouve quelques îlots résiduels sur la cuesta bajocienne en Lorraine et quelques versants plus calcaires en Ardenne (Semois).

Physionomie de la végétation

La strate arborescente comprend 3 à 4 espèces co-dominantes : l’érable sycomore Acer pseudoplatanus, le frêne Fraxinus excelsior, le tilleul à grandes feuilles Tilia platyphyllos et parfois les ormes Ulmus glabra et U. laevis. Le charme Carpinus betulus et le noisetier Corylus avellana sont abondants en strate arbustive.

Essentiellement sciaphile, la strate herbacée est caractérisée par une abondance de fougères hygrosciaphiles, principalement la scolopendre Asplenium (= Phyllitisscolopendrium ainsi que d’autres comme Polystichum aculeatum et P. setiferum.

On y retrouve d’autres espèces sciaphiles, neutroclines, hygrosciaphiles de sols non stabilisés : Actaea spicataAnemone ranunculoidesCardamine impatiensMercurialis perennis … La dentaire, Cardamine bulbifera est une espèce typique particulière à ce milieu. De même, la lunaire Lunaria rediviva, est une hygrosciaphile de pente qui ne se retrouve que sur ces éboulis.

Érablière des coulées pierreuses ardennaises

Association Dicrano-Aceretum Noirfalise 1984

Code EUNIS G1.A41c – Érablaie des coulées pierreuses 

Code CORINE 41.412

Caractéristiques stationnelles

Cette érablière (ou érablaie) ne se retrouve qu’en quelques endroits en Ardenne, sur les éboulis grossiers de quartzites ou des coulées pierreuses gréso-quartzitiques, formant par endroits des coulées pierreuses de blocs entassés, sur substrats acides (pH : 5,0-5,5).

Physionomie de la végétation

La strate arborescente est quasi exclusivement occupée par l’érable sycomore Acer pseudoplatanus. Parfois, il est associé au bouleau verruqueux Betula pendula, ou au chêne sessile Quercus petraea.

Le sorbier des oiseleurs Sorbus aucuparia peut se rencontrer en strate arbustive. La strate herbacée est caractérisée surtout par des fougères acidiphiles : Dryopteris carthusiana et D. dilatata ainsi que D. filix-mas. D’autres espèces acidiphiles les accompagnent comme la canche flexueuse Avenella (= Deschampsia) flexuosa, les luzules Luzula spp. et la myrtille Vaccinium myrtillus. La strate muscinale présente un recouvrement important et comprend des espèces acidiphiles telles que Dicranum scopariumDicranella heteromallaPleurozium schreberi et Polytrichum formosum.

Les hêtraies

Fagion sylvaticae

Ces peuplements se caractérisent par la dominance du hêtre, Fagus sylvatica. Ils se rencontrent sur tous types de sols, sauf sur sols lourds à régime hydrique alternatif, sur substrats présentant des risques d’engorgement en eau ou sur éboulis non stabilisés. De même les sols trop secs, trop drainants (sables par exemple) ne conviennent pas aux hêtraies. Le hêtre exige une pluviosité relativement importante (> 700 mm par an) et bien répartie sur l’année. La Belgique se trouve donc dans les zones biogéographiques adaptées.

Plusieurs associations s’y distinguent suivant la richesse minérale du sol et sui- vant le domaine biogéographique :

  • Sur substrats calcarifères :
  • Sur substrats non calcarifères :
    • En domaine atlantique, la hêtraie à jacinthe (Endymio-Fagetum).
    • En domaine médio-européen, la hêtraie acidiphile à luzule (Luzulo-Fagetum) ou la hêtraie neutrocline à mélique (Melico- Fagetum).

Hêtraie calcicole à orchidées

Association Carici-Fagetum Moor 1952

Code EUNIS G1.66 – Hêtraie calcicole médio-européenne

Code CORINE 41.161

Caractéristiques stationnelles

Cette hêtraie xéro-thermophile se développe sur sols calcarifères (pH : 7-7,5), gé- néralement sur pentes abruptes, de l’Europe occidentale et de l’Europe centrale moyenne et septentrionale. Ces sols sont souvent superficiels et caillouteux. En Belgique, cette hêtraie se retrouve sur les crêtes et coteaux calcaires superficiels des vallées mosanes (Meuse, Viroin, Lesse, Amblève, Vesdre). La perméabilité de la roche calcaire confère à ces sites un microclimat chaud et sec tout à fait exceptionnel sous nos latitudes. Cette association végétale a une grande valeur patrimoniale car on peut y rencontrer plusieurs espèces d’orchidées et des plantes aux exigences méridionales trouvant leur limite septentrionale dans la vallée mosane (comme le buis Buxus sempervirens). Le peuplement de substitution forme la chênaie-charmaie calcicole (Carici Carpinetum).

Physionomie de la végétation

La strate arborescente comprend le hêtre Fagus sylvatica mais il est possible également d’y rencontrer le tilleul à grandes feuilles Tilia platyphyllos, l’érable champêtre Acer campestre ou l’alisier torminal Sorbus torminalis. Les rares stations naturelles d’if (Taxus baccata) se rencontrent dans ce type forestier. La strate arbustive est très diversifiée et inclut plusieurs espèces calciclines à calcicoles : le cornouiller mâle Cornus mas, l’épine-vinette Berberis vulgaris, le fusain Euonymus europaeus, le troène Ligustrum vulgare, le camérisier Lonicera xylosteum, le bois-joli Daphne mezereum, le nerprun purgatif Rhamnus cathartica et le cerisier de Sainte-Lucie Prunus mahaleb. Le buis Buxus sempervirens peut dominer dans certains sites des vallées mosanes. La clématite Clematis vitalba y est fréquente. La strate herbacée se distingue par la présence d’orchidées (Cephalanthera spp., Neottia nidus-avisOrchis mascula). De très nombreuses espèces herbacées neutrocalciclines ou neutrocalcicoles indiquant une richesse du sol en calcaire sont également présentes comme le brachypode Brachypodium pinnatum, les laîches Carex digitataC. flaccaC. montana, l’hellébore Helleborus foetidus, le seau de Salomon Polygonatum odoratum, la primevère officinale Primula veris, le dompte-venin Vincetoxicum hirundinaria, etc.

 

Hêtraie atlantique à jacinthe


Association Endymio-Fagetum Noirfalise et Sougnez 1963

Code EUNIS G1.63b – Hêtraie neutrophile atlantique

Code CORINE 41.132

Caractéristiques stationnelles

Cette hêtraie se situe exclusivement dans le domaine atlantique, elle est caractérisée par la présence d’une espèce atlantique, la jacinthe des bois Hyacinthoides non-scripta. Cette espèce, anciennement nommée Endymion non-scripta, a donné le nom à l’association. La jacinthe, géophyte bulbeux ayant fortement souffert des usages au cours du temps, ne se retrouve cependant plus dans toutes les stations (souvent appelées alors Milio-Fagetum). Les sols sont des limons sableux ou loessiques (pH : 3,5-6,0). Le peuplement de substitution est formé par la chênaie-charmaie atlantique à jacinthe (Endymio-Carpinetum).

Physionomie de la végétation

A côté du hêtre Fagus sylvatica, on retrouve les chênes sessile Quercus petraea et pédonculé Q. robur, parfois l’érable sycomore Acer pseudoplatanus, le frêne Fraxinus excelsior et le merisier Prunus avium. La strate arbustive peut comprendre l’érable sycomore Acer pseudoplatanus, le charme Carpinus betulus, le noisetier Corylus avellana, le cornouiller sanguin Cornus sanguinea et le frêne Fraxinus excelsior, ou sur sols acides le sorbier des oiseleurs Sorbus aucuparia et le chèvre-feuille Lonicera periclymenum.

On y trouve deux sous-associations :

Hêtraie neutrophile à mélique et aspérule

Association Melico-Fagetum Knapp 1942 ou Galio-Fagetum Sougnez & Thill 1969

Code EUNIS G1.63a – Hêtraie neutrophile médio-européenne à mélique

Code CORINE 41.131

Caractéristiques stationnelles 

Cette hêtraie neutrocline ou basicline se retrouve sur les collines et basses montagnes d’Europe. En Belgique, elle se rencontre principalement dans le Condroz dans les fonds calcaires sur sols bruns limono-loessiques assez profonds (pH : 5,5-7), en Calestienne sur les calcaires givetiens, eifeliens et frasniens ainsi qu’en Gaume sur la cuesta bajocienne (pH : 6,5-7,5) sur plateaux à pente nulle et bas de versants à faible déclivité.

La majorité des peuplements ont été transformés au 19e siècle en taillis-sous-futaie de chênaies–charmaies (Stellario-Carpinetum). Dans le Condroz, un certain nombre de peuplements ruinés ont été convertis en douglasières.

 

Physionomie de la végétation

Le peuplement ligneux est dominé par le hêtre Fagus sylvatica dans les divers étages formant une futaie mélangée à structure irrégulière ou jardinée. Le hêtre peut être en mélange avec le chêne pédonculé Quercus robur, le frêne Fraxinus excelsior, l’érable sycomore Acer pseudoplatanus et le merisier Prunus avium. Il est possible d’observer en sous-bois l’érable champêtre Acer campestre, le charme Carpinus betulus ou le noisetier Corylus avellana. La strate herbacée assez recouvrante comprend de nombreuses espèces. Les espèces neutroclines caractéristiques, l’aspérule Galium odoratum et la mélique Melica uniflora, se retrouvent normalement par plages (mais elles peuvent parfois manquer). Le cortège herbacé accompagnateur est mésophile à large amplitude trophique et comprend l’anémone Anemone nemorosa, la laîche Carex sylvatica, l’euphorbe Euphorbia amygdaloides, le fraisier Fragaria vesca ou la fougère Dryopteris filix-mas ; bien que des espèces acidiclines comme la luzule Luzula pilosa, le millet Milium effusum, le sceau de Salomon Polygonatum multiflorum ou le séneçon Senecio ovatus puissent également faire partie du cortège. Les stations sur sols plus riches comprennent des espèces neutroclines ou neutronitroclines telles que le gouet Arum maculatum, le lamier Lamium (= Lamiastrumgaleobdolon et même la parisette Paris quadrifolia. Il manque cependant les espèces strictement calcicoles (ou elles sont vraiment très peu présentes).

Hêtraie acidiphile à luzule

Association Luzulo-Fagetum Meusel 1937 ou Vaccinio-Fagetum Scamoni 1935

Code EUNIS G1.61 – Hêtraie acidiphile médio-européenne

Code CORINE 41.121

Caractéristiques stationnelles

La hêtraie des substrats siliceux acides, dans la zone des collines et basses mon- tagnes de l’Europe moyenne, est caractérisée par la présence d’une acidiphile, la luzule blanche Luzula luzuloides, ainsi que d’autres luzules (L. sylvatica, L. pilosa). Elle se rencontre en Belgique dans le domaine médio-européen (Ardenne principalement) sur les sols bruns acides (pH : 4-5), des granites, quartzites, schistes siliceux et grès, ou encore sur les sols lessivés sablo-limoneux ou limono-caillouteux. Cette formation a souvent été remplacée par des plantations de résineux (majoritairement l’épicéa Picea abies) ou parfois de chênes rouges d’Amérique Quercus rubra. Les peuplements de substitution sont la chênaie-charmaie à stellaire (Stellario-Carpinetum) ou, dans les stations les plus dégradées, sur sols plus oligotrophes, la chênaie acidiphile (Querco- Betuletum). En domaine atlantique, il est possible que cette formation soit à associer à la hêtraie à houx (Illici – Fagetum Durin et al. 1967).

Physionomie de la végétation

La végétation est relativement peu diversifiée. Le hêtre Fagus sylvatica domine mais peut être accompagné du chêne sessile Quercus petraea. Les strates arbustives et herbacées sont discrètes et la diversité floristique est faible. En strate arbustive, le caractère acidiphile est marqué par la présence du sorbier des oiseleurs Sorbus aucuparia. Les cortèges herbacé et muscinal sont caractérisés par des espèces acidiphiles comme la luzule blanche Luzula luzuloides, et la mousse Polytrichum formosum ainsi que, souvent, la canche flexueuse, Avenella (= Deschampsia) flexuosa, la fougère aigle Pteridium aquilinum et la myrtille Vaccinium myrtillus.
D’autres espèces acidiphiles de moder peuvent se rencontrer : la laîche Carex pilulifera, le gaillet Galium saxatile, la houlque molle Holcus mollis, le millepertuis élégant Hypericum pulchrum, le chèvre-feuille Lonicera periclymenum, le sceau-de-Salomon verticillé Polygonatum verticillatum, etc. La strate muscinale comporte aussi des acidiphiles tels que Dicranella heteromalla, Dicranum scoparium, Hylocomium splendens et Pleurozium schreberi. Les stations les plus acides et sèches incluent la mousse Leucobryum glaucum (humus de type mor).

Les chênaies-charmaies et les chênaies acidiphiles

Carpinion Betuli et Quercion roboris-petraeae

La présence ou non du charme Carpinus betulus, permet de distinguer deux types de chênaies. Les forêts mélangées ont comme espèces principales le charme Carpinus betulus, avec le chêne pédonculé Quercus robur et le chêne sessile Q. petraea, d’où leur nom de chênaies-charmaies. Il s’agit principalement de peuplements de substitution à la hêtraie, sauf dans les situations pour lesquelles le sol trop mouilleux ne permettrait pas le développement du hêtre (typiquement en Fagne-Famenne et dans les régions où le limon repose sur un sol hydromorphe (argile, marne, …)). Ces formations de substitution résultent d’une transformation en taillis et taillis sous-futaie des forêts usagères par les pratiques agro-sylvopastorales des siècles passés et peuvent être distinguées des formations naturelles par la capacité du hêtre de s’y regénérer spontanément.
Sur sols très acides et oligotrophes, le stade le plus régressif de substitution est constitué par la chênaie acidiphile. Traditionnellement, on distingue encore en domaine atlantique, sur sols acides limoneux oligo-mésotrophes, la chênaie mixte à hêtre (Fago-Quercetum) de la chênaie à bouleau (Querco-Betuletum), sur sols podzoliques sableux oligotrophes en domaine médio-européen.
Suivant les domaines biogéographiques et les caractéristiques du substrat, on distingue les chênaies charmaies en lien avec les hêtraies dont elles sont issues ou leur état naturel dû aux contraintes hydriques :

  • Sur substrats calcarifères :
  • Sur substrats neutrophiles en domaine médio-européen:
    • La chênaie-frênaie neutrophile à primevère (Primulo- Carpinetum), substitution du Melico-Fagetum ou naturelle
  • Sur substrats neutrophiles ou acides, en domaine atlantique :
    • La chênaie-charmaie à jacinthe (Endymio-Carpinetum), substitution de l’Endymio-Fagetum, ou naturelle
  • Sur substrats acides en domaine médio-européen :
    • La chênaie-charmaie à stellaire (Stellario-Carpinetum), substitution du Luzulo-Fagetum ou naturelle

Chênaie-charmaie atlantique à jacinthe​

Association Endymio-Carpinetum Noirfalise 1969

Code EUNIS G1.A1a – Chênaie-charmaie atlantique

Code CORINE 41.21

Caractéristiques stationnelles

Cette chênaie-charmaie se rencontre dans le domaine atlantique. En Belgique, elle se restreint aux limons lœssiques sur sols acides à neutres (pH : 4-6). Si les contraintes hydriques (sol engorgé) sont présentes, il s’agit de formations naturelles. Si aucune contrainte d’hydromorphie n’est présente, il s’agit de peuplements de substitution à la hêtraie à jacinthe (Endymio-Fagetum).

Physionomie de la végétation

Elle est caractérisée par une strate arborescente diversifiée, dominée par le chêne pédonculé Quercus robur et selon la richesse du substrat, soit avec le frêne Fraxinus excelsior, l’érable sycomore Acer pseudoplatanus et le merisier Prunus avium, soit avec le sorbier des oiseleurs Sorbus aucuparia. La strate herbacée est dominée par l’espèce « atlantique », la jacinthe Hyacinthoides non-scripta (anciennement appelée Endymion non-scripta d’où le nom de l’association). Une autre espèce atlantique plus localisée, le tamier (Tamus communis), se rencontre en lisière. La jacinthe peut manquer suite aux pratiques agropastorales ancestrales (disparition des géophytes).

On y trouve deux sous-associations :

  • Endymio-Carpinetum allietosum. Si le substrat présente une richesse minérale élevée, les stations comprennent des espèces plus neutrophiles avec par exemple des plages d’ail des ours Allium ursinum, ou de ficaire Ficaria verna (=Ranunculus ficaria). Ces stations fraiches ont une bonne alimentation en eau toute l’année.
  • Endymio-Carpinetum holcetosum. Lorsque le substrat est plus oligotrophe, des espèces acidiclines comme la houlque molle Holcus mollis ou le muguet Convallaria majalis les remplacent.

Chênaie-charmaie calcicole​

Association Carici-Carpinetum Noirfalise 1984 ou Scillo-Carpinetum Rameau 1974

Code EUNIS G1.A17 – Chênaie-charmaie subatlantique calciphile

Code CORINE 41.27

Caractéristiques stationnelles
La chênaie-charmaie xérophile se développe sur sols basiques et calcarifères (pH : 7- 7,5) et généralement sur des pentes abruptes. Ces sols bruns calcaires, sont souvent superficiels et relativement caillouteux. Cette formation se rencontre de l’Europe occidentale et de l’Europe centrale jusqu’en Europe septentrionale. En Belgique, cette chênaie-charmaie se retrouve principalement en domaine médio-européen sur les coteaux calcaires des vallées mosanes et en Lorraine. On pouvait y rencontrer le chêne pubescent Quercus pubescens mais l’espèce a complètement disparu (il subsiste rarement l’hybride Q. x calvescens). Il s’agit de peuplements de substitution à la hêtraie calcicole (Carici-Fagetum).

Physionomie de la végétation
La strate arborescente comprend le chêne pédonculé Quercus robur, le charme Carpinus betulus, l’érable champêtre Acer campestre et, souvent, le tilleul à grande feuilles Tilia platyphyllos. Ces espèces peuvent être accompagnées de quelques pieds d’érable sycomore Acer pseudoplatanus, de frêne Fraxinus excelsior et de merisier Prunus avium. La strate arbustive est très diversifiée et représentée par des espèces neutrocalcicoles telles que le cornouiller mâle Cornus mas, le fusain Euonymus europaeus, le troène Ligustrum vulgare, le camérisier Lonicera xylosteum, la viorne mancienne Viburnum lantana, le nerprun purgatif Rhamnus cathartica et l’épine-vinette Berberis vulgaris. La clématite Clematis vitalba y est abondante. La strate herbacée est également riche. A côté de quelques orchidées (souvent Orchis mascula), un nombre important d’espèces calci- coles, neutrocalcicoles, mésoxérophiles ou thermophiles s’y rencontrent : la laîche Carex digitata, l’hellébore Helleborus foetidus, la mélique Melica nutans, la jonquille Narcissus pseudonarcissus, la primevère officinale Primula veris, la scille Scilla bifolia, la violette hirsute Viola hirta, le dompte-venin Vincetoxicum hirundinaria,… Cette strate comprend également des espèces neutroclines à large amplitude telles que l’anémone Anemone nemorosa, le gouet Arum maculatum, le lamier Lamium (= Lamiastrum) galeobdolon, la potentille Potentilla sterilis ou la stellaire Stellaria holostea.

Chênaie-charmaie neutrophile médio-européenne à primevère

Association Primulo-Carpinetum Noirfalise 1969

Code EUNIS G1.A1b – Chênaie-frênaie neutrophile

Code CORINE 41.23

Caractéristiques stationnelles

Forêt développée sur des sols méso-eutrophes plus ou moins mouilleux, elle se retrouve sur sols limoneux ou limono-argileux fertiles et neutres (pH : 5,5-8,0). Le degré d’hydromorphie du sol peut varier : les sols plus ou moins hydromorphes indiquent que la formation est naturelle alors que les sols bien drainés (sols bruns lessivés) indiquent qu’il s’agit d’un peuple- ment de substitution à la hêtraie (Melico-Fagetum). Cette forêt est fréquente dans le district calcaire mosan, en Lorraine et dans les vallées inférieures de l’Ardenne.

Physionomie de la végétation

Cette forêt mélangée est dominée par le chêne pédonculé Quercus robur (parfois le chêne sessile Q. petraea) et le frêne Fraxinus excelsior, accompagnés de charme Carpinus betulus. On note également la présence de l’érable sycomore Acer pseudoplatanus et du merisier Prunus avium. La strate arbustive est principalement caractérisée par la présence du charme Carpinus betulus et du noisetier Corylus avellana, avec parfois du cornouiller sanguin Cornus sanguinea, et du sureau noir Sambucus nigra. La strate herbacée est marquée par la présence d’espèces neutronitroclines telles que la primevère élevée Primula elatior (qui a donné son nom à l’association), le gouet Arum maculatum, la benoîte Geum urbanum, le lamier Lamium (= Lamiastrum) galeobdolon, la ficaire Ficaria verna (= Ranunculus ficaria), l’épiaire Stachys sylvatica, ou neutronitroclines hygroclines comme la moscatelline Adoxa moschatellina ou le lierre terrestre Glechoma hederacea. Certains sites sur sols à richesse minérale élevée, de type colluvions ou alluvions et à humus eu-mull présentent un faciès particulier à ail des ours, Allium ursinum (sous-association Primulo- Carpinetum allietosum).

Chênaie-charmaie acidiphile à stellaire

Association Stellario-Carpinetum Noirfalise 1984

Code EUNIS G1.A1c – Chênaie-charmaie subatlantique acidicline

Code CORINE 41.25

Caractéristiques stationnelles

La chênaie-charmaie à stellaire se rencontre à la fois dans les domaines atlantique et médio-européen. Elle englobe toutes les chênaies de Famenne et une partie de chênaies de basse et moyenne Ardenne. Dans le domaine atlantique, cette chênaie est principalement située en zones pentues. Elle se retrouve sur des sols acides (pH : 4,5-5,5), sur des limons hétérogènes, à charge sablonneuse ou caillouteuse, désaturés, reposant sur des substrats siliceux. Les stations sur sols à régime hydrique alternatif (engorgés l’hiver, secs l’été), hygromorphes (Fagne-Famenne) y sont des formations naturelles, alors que celles sur subtrats sans contraintes hydriques sont des substi- tutions à la hêtraie (Luzulo-Fagetum). Les stations peuvent avoir été transformées en plantations de mélèzes (Larix spp.) ou de chêne rouge d’Amérique (Quercus rubra). Il est possible qu’elle soit confondue, sur hautes terrasses alluviales caillouteuses avec la chênaie à bistorte (Polygono – Quercetum Sougnez 1973 Corine 41.24). Sougnez (1973) distinguait des sous-associations selon la richesse minérale et le pH du substrat : soit vaccinietosum avec les espèces acidiphiles (Teucrium scorodonia, Vaccinium myrtillus), soit ranunculetosum riche en neutroclines, voire nitrophiles (Ficaria verna, Arum maculatum, Geum urbanum).

Physionomie de la végétation

La strate arborescente est constituée des chêne pédonculé Quercus robur et sessile Q. petraea, du charme Carpinus betulus, du bouleau Betula pendula, ou du peuplier Populus tremula. La strate arbustive peut inclure des espèces acidiclines comme la bourdaine Frangula alnus, ou le sorbier des oiseleurs Sorbus aucuparia, mais aussi, sur sols plus riches, de l’aubépine Crataegus monogyna, ou du noisetier Corylus avellana. La stellaire Stellaria holostea qui donne le nom à l’association est une neutrocline qui peut manquer dans de nombreuses stations (plus acides et oligotrophes). Le sous-bois est caractérisé par la cohabitation d’espèces d’humus de type mull et d’espèces plus ou moins acidiphiles. Cependant, cette strate herbacée est assez pauvre en espèces et ne possède guère de caractéristiques fidèles (y compris Stellaria holostea !). La strate herbacée comprend donc une série d’espèces acidiclines telles des laîches (Carex brizoides, C. pilulifera), et des luzules (Luzula pilosa, L. sylvatica), … On peut y retrouver, lorsque la richesse du sol augmente, des espèces à large amplitude comme l’anémone Anemone nemorosa, et des espèces neutroclines telles que le brachypode Brachypodium sylvaticum, la jonquille Narcissus pseudonarcissus, le pâturin Poa chaixii, le seau de Salomon Polygonatum verticillatum, la potentille Potentilla sterilis ou le séneçon de Fuchs Senecio ovatus ou la fougère mâle Dryopteris filix-mas.

Chênaie-charmaie acidiphile à stellaire

Association Querco-Betuletum Tüxen 1937, Fago-Quercetum Tüxen 1955, Molinio-Quercetum Tüxen 1937 ou Polygono-Quercetum Sougnez 1973

Code EUNIS G1.81 – Chênaie à bouleau

Code CORINE 41.51

Caractéristiques stationnelles

Cette chênaie acidiphile se retrouve sur des sols très acides (pH : 3,5-4,0), très oligotrophes, sablonneux ou non et podzolisés, ou hydromorphes. La formation se situe sur les sables podzoliques du domaine atlantique ainsi que sur les sols les plus dégradés du Condroz et de l’Ardenne. Il s’agit sans doute souvent des stades les plus dégradés des hêtraies acides, sur sols oligotrophes. Les stations ont souvent été transformées en plantations de résineux.

Physionomie de la végétation

Le substrat oligotrophe explique cette forêt à strates arborescente et arbustive assez claires, ce qui permet un recouvrement important de la strate herbacée. La strate arborescente comprend le chêne sessile Quercus petraea, les bouleaux Betula pendula et B. pubescens, souvent mélangés avec le peuplier Populus tremula et parfois l’if, Taxus baccata. La strate arbustive, peu développée, inclut la bourdaine Frangula alnus, le sorbier des oiseleurs Sorbus aucuparia. La strate herbacée est composée d’espèces acidiphiles telles que la canche flexueuse Avenella (= Deschampsia) flexuosa, la fougère aigle Pteridium aquilinum et la myrtille Vaccinium myrtillus. D’autres acidiphiles peuvent être présentes comme la callune Calluna vulgaris (traces d’ancienne lande), la fétuque Festuca tenuifolia, la luzule Luzula sylvatica. Sur des sols plus humides, certaines hygroclines et hydrophiles se rencontrent comme la molinie Molinia caerulea. Certains distinguent selon le domaine biogéographique, cette formation en domaine médio-européen, du Fago-Quercetum, présent en domaine atlantique (sables limoneux méso-oligotrophes). D’autres distinguent des variantes humides : la chênaie à molinie (Molinio-Quercetum Tüxen 1937) ou la chênaie à bistorte (Polygono-Quercetum Sougnez 1973)

Forêts riveraines et alluviales non marécageuses

Ces formations ne se rencontrent que sur sols à contraintes hydriques majeures mais sans eaux stagnantes, c’est-à-dire les bords de cours d’eau et les lits majeurs des rivières et fleuves (« galeries boisées »). Elles sont constituées d’espèces supportant les engorgements en eau comme les saules Salix spp. et l’aulne glutineux Alnus glutinosa principalement. La saulaie alluviale colonise efficacement les bords des cours d’eau dont elle stabilise les rives. Lorsque l’alluvionnement exhausse définitivement la frange riveraine, la saulaie évolue vers des forêts de l’Alno-Padion. Les inondations périodiques apportent des éléments nutritifs, parfois jusqu’à eutrophisation. Le rabattement de la nappe en été permet une bonne aération. Ces formations sont fortement anthropisées et soit cultivées, soit transformées en peupleraies. Parmi les saules, notons le saule blanc Salix alba, le saule cendré S. cinerea, le saule fragile S. fragilis et le saule pourpre S. purpurea. Le cerisier à grappes Prunus padus est caracté- ristique. La flore herbacée, diversifiée, comprend une majorité d’espèces hygroclines neutro-nitrophiles : l’alliaire Alliaria petiolata, l’aegopode Aegopodium podagraria, le gaillet gratteron Galium aparine, la benoîte des ruisseaux Geum rivale ou l’ortie Urtica dioica. Des espèces exotiques envahissantes telles que la balsamine de l’Himalaya Impatiens glandulifera et le complexe de renouées Reynoutria spp. sont de plus en plus présentes. Les associations de la série forestière alluviale sont encore représentées en Wallonie par :

  • Des saulaies alluviales (Salicetum triandro-viminalis) relevant du Salicion.
  • Des aulnaies-frênaies riveraines des cours d’eau rapides (Stellario- Alnetum) et des aulnaies-frênaies des sources et des ruisseaux (Carici- Alnetum).
  • Des frênaies-ormaies alluviales résiduelles des grandes vallées planes à eaux lentes (Ulmo-Fraxinetum).

Saulaie alluviale

Association Salicetum triandro-viminalis Lohmeyer 1953

Code EUNIS G1.111 Saulaie alluviale

Code CORINE 41.131

Caractéristiques stationnelles

La saulaie (ou saussaie) buissonnante non marécageuse se rencontre sur les banquettes alluviales, sur sols à engorgement prolongé en eau. Les espèces à enracinement profond ne peuvent s’ancrer correctement et sont exclues de ce milieu. Il en résulte des milieux constitués de fourrés denses de saules. On y retrouve le saule cendré Salix purpurea, le saule à trois étamines S. triandra, le saule des vanniers S. viminalis et plusieurs hybrides. L’association est tributaire des eaux à charge minérale suffisante et est la mieux caractérisée dans les zones limono-calcaires. En Belgique, on rencontrait fréquemment ce type de formation le long des cours d’eau et dans les zones de suintements des bassins de l’Escaut et de la Meuse. Elle a été fortement anthropisée si bien qu’il ne subsiste plus que de petits lambeaux.

Physionomie de la végétation

Le saule blanc Salix alba, le saule fragile S. fragilis (ceux-ci arborescents et pouvant dépasser les 10 m.), le saule pourpre S. purpurea, le saule à trois éta- mines S. triandra et le saule des vanniers S. viminalis constituent des fourrés très denses. Le long des rivières mosanes, le saule pourpre S. purpurea et le saule cendré S. cinerea sont les espèces pionnières de l’association. Dans le bassin de l’Escaut, pour les rares stations subsistantes, le saule fragile S. fragilis, le saule des vanniers S. viminalis et le saule roux S. atrocinerea dominent. Le saule à oreillettes Salix aurita et l’hybride S. x sericans se rencontrent éga- lement. La végétation herbacée est peu originale et de plus en plus rudérale. Cependant, on peut y trouver dans certains lambeaux une liane comme le houblon, Humulus lupulus ou des herbacées mésohygrophiles et hygrophiles comme le liseron Convolvulus sepium, la douce amère Solanum dulcamara, le céraistre Myosoton aquaticum, ainsi que diverses patiences Rumex spp.

Frênaie-ormaie alluviale

Association Ulmo-Fraxinetum Noirfalise 1984 (Aegopodio podagrariae-Fraxinetum excelsioris Passage 1959)

Code EUNIS G1.213 – Frênaie-aulnaie des cours d’eau lents

Code CORINE 44.332

Caractéristiques stationnelles

L’ormaie-frênaie constituait la forêt alluviale des grands cours d’eau des bassins de la Meuse et de l’Escaut. Les stations relictuelles se situent sur allu- vions sablo-limoneuses à argilo-limoneuses, sans développement de profil mais généralement gleyifiées à faible profondeur, avec un pH supérieur à 6. Elles ont donc une très bonne richesse minérale et ont souvent été trans- formées en peupleraies.

Physionomie de la végétation

Le frêne Fraxinus excelsior est l’essence dominante. Il est accompagné par l’orme champêtre Ulmus minor, le chêne pédonculé Quercus robur, et parfois l’érable plane Acer platanoides, l’érable sycomore Acer pseudoplatanus, l’aulne glutineux Alnus glutinosa ou le saule blanc Salix alba. Les espèces arbustives nombreuses sont typiques des sols riches en bases, soit des calciphiles comme le cornouiller sanguin Cornus sanguinea ou le fusain Euonymus europaeus, soit des neutrophiles comme le noisetier Corylus avellana, le sureau Sambucus nigra ou la viorne obier Viburnum opulus. En strate herbacée, les espèces caractéristiques neutronitrophiles hygroclines indiquent à la fois la richesse en minéraux et l’engorgement en eau telles que l’aegopode Aegopodium podagraria, l’alliaire Alliaria petiolata, le gratteron Galium aparine, la benoîte Geum urbanum, le lierre terrestre Glechoma hederacea, la berce Heracleum spondylium, le compagnon rouge Silene dioica, le groseiller Ribes rubrum, la véronique Veronica hederifolia ou l’ortie Urtica dioica. Ainsi que le gouet Arum maculatum, la moscatelline Adoxa moscatellina, et la ficaire Ficaria verna. Des plages d’ail des ours Allium ursinum ou de corydale Corydalis solida peuvent se rencontrer dans les stations particulièrement riches. Des espèces rares d’intérêt patrimonial subsistent dans certains sites comme la gagée Gagea lutea, l’anémone fausse-renoncule (Anemone ranunculoides), les lathrées (plantes parasites) Lathraea squamaria et L. clandestina et la corydale Corydalis solida.

Aulnaie-frênaie des ruisselets​


Association Carici remotae-Fraxinetum excelsioris Koch ex Faber 1937

Code EUNIS G1.211 Frênaie-aulnaie des ruisselets et des sources

Code CORINE 44.31

Caractéristiques stationnelles

Cette aulnaie acidicline à neutrocline ne se rencontre que le long des sources et des ruisseaux où elle occupe les banquettes alluviales restreintes, non marécageuses. Elle forme donc d’étroites galeries ou de petits groupements d’arbres en tête de source. Bien qu’assez rare, elle se retrouve, au nord, dans les vallées du Brabant et du Hainaut (sur assise Yprésienne par ex.) et au sud dans les vallées de l’Ardenne et les zones schisto-gréseuses ou schisteuses des districts mosan et lorrain. Les sols sont limoneux à limono-caillouteux et à drainage variable, mais le plus souvent sans développement de profil. Ces sols sont plutôt neutres (pH : 6,0-7,0).

Physionomie de la végétation

L’aulne glutineux Alnus glutinosa et le frêne Fraxinus excelsior dominent la strate arborescente. Cette formation se distingue par la constance d’une espèce mésohygrophile particulière, caractéristique des sols à régime hydrique alternatif, la laîche espacée Carex remota. D’autres laîches mésohygrophiles et neutroclines se retrouvent dans la strate herbacée telles que Carex pendula, C. sylvatica et C. strigosa, en compagnie de dorines (Chrysosplenium spp.). Le cortège herbacé, diversifié, comprend aussi des espèces supportant l’engorgement temporaire en eau, des espèces hygroclines : la circée Circaea lutetiana, la canche cespiteuse Deschampsia cespitosa, la lysimaque Lysimachia nemorum, la prêle Equisetum telmateia, la valériane Valeriana officinalis ou méso- hygrophiles, la renoncule Ranunculus repens, la patience Rumex sanguineus. Certaines indiquent de plus une richesse en éléments nutritifs, les espèces hygroclines et hydrophiles neutroclines telles que la cardamine Cardamine amara et la reine des prés Filipendula ulmaria. L’espèce neutrocline à large amplitude, le lamier jaune Lamium galeobdolon est souvent abondant ainsi que plusieurs neutronitroclines : le bugle rampant Ajuga reptans, la benoîte Geum urbanum, le lierre terrestre Glechoma hederacea ou le géranium Geranium robertianum. Dans les stations bordant les sources, seules certaines laîches (Carex spp.) et les dorines Chrysosplenium spp., espèces hygrophiles, peuvent caractériser la formation. La mousse Mnium undulatum est caractéristique également.

Aulnaie-frênaie des cours d’eau rapides​

Association Stellario-Alnetum Lohmeyer 1957

Code EUNIS G1.212 – Aulnaie-frênaie des cours d’eau rapides

Code CORINE 44.3211

Caractéristiques stationnelles

L’aulnaie-frênaie des cours d’eau rapides colonise les banquettes alluviales des gros ruisseaux et des rivières à eaux vives, qui peuvent connaître des crues soudaines mais généralement brèves. Elle se situe en arrière de la saulaie alluviale ou, si cette dernière est absente, directement sur la rive du cours d’eau. Les sols, sans véritable développement de profil (alluvions récentes) sont de pH neutres à basiques (6,0-7,5). Cette formation est rare en Ardenne, un peu plus commune dans les districts mosan et lorrain et est souvent remplacée par des prairies ou des plantations d’épicéas.

Physionomie de la végétation
La strate arborescente est composée d’aulne Alnus glutinosa, de frêne Fraxinus excelsior, d’érable sycomore Acer pseudoplatanus, avec parfois l’érable plane A. platanoides, les ormes Ulmus glabra et U. laevis. La strate herbacée caractéristique reprend des neutronitrophiles hygroclines comme l’ail des ours Allium ursinum, la ficaire Ficaria verna (= Ranunculus ficaria), la reine des prés Filipendula ulmaria, la baldingère Phalaris arundinacea, ou l’ortie Urtica dioica. La richesse en éléments nutritifs se manifeste par la présence de neutroclines à large amplitude (la fétuque Schedonorus giganteus (= Festuca gigantea), l’anémone Anemone sylvatica, le brachypode Brachypodium sylvaticum, le lamier jaune Lamium galeobdolon, le galéopsis Galeopsis tetrahit, le gratteron Galium aparine, le silène Silene dioica, l’épiaire Stachys sylvatica, le groseillier Ribes rubrum ou le framboisier Rubus idaeus. Le caractère mouillé s’observe par les mésohygrophiles (la benoîte Geum rivale, la balsamine Impatiens noli-tangere) ou hygroclines (la canche Deschampsia cespitosa, la bistorte Bistorta officinalis, la stellaire Stellaria nemorum). Des plages de pétasite Petasites hybridus, hygrophile, sont présentes dans les zones souvent inondées. Deux sous-associations peuvent être distinguées :

  • L’aulnaie à stellaire et fougères (Stellario-Alnetum athyrietosum), qui se retrouve le long des rivières de basse Ardenne (jusque 350 m) et comprend les fougères Athyrium filix-femina ou Dryopteris carthusiana. La strate herbacée montre un caractère plus acidicline avec par exemple la luzule Luzula sylvatica et la surelle Oxalis acetosella.
  • L’aulnaie à stellaire et podagraire (Stellario-Alnetum aegopodietosum), sur les banquettes alluviales des rivières à eaux neutres et calciques (pH 7) des districts calcaires mosan et lorrain. Des espèces calcicoles sont parfois présentes comme l’érable champêtre Acer campestre, le fusain Euonymus europaeus et/ou le groseiller à maquereau Ribes uva-crispa.

Les saulaies et boulaies tourbeuses et les aulnaies marécageuses

Betulion pubescentis, Alnion glutinosae

Ces formations forestières, tant boulaies, saulaies qu’aulnaies, sont devenues extrêmement rares et menacées par les actions anthropiques (plantations, drainages, euthrophisation des eaux). Elles sont toutes classées en habitats prio- ritaires dans le cadre du réseau européen Natura2000 (aulnaies, code 91E0 ; boulaie, code 91D0). La strate arborescente est généralement monospécifique avec Betula pubescens ou Alnus glutinosa. Les stades pionniers de la boulaie sont sans doute représentés en tourbières par les fourrés de saules (saulaie à bourdaine).
La boulaie à Betula pubescens (Alliance du Betulion pubescentis) prend place sur substrats tourbeux, dans des tourbières en voie de boisement. En Belgique, elle se rencontre exclusivement sur les hauts plateaux ardennais. Dans les tourbières fort dégradées, un stade à bosquets de saules (Salix aurita, S. x multinervis, …) et à bourdaine peut se rencontrer.

Les aulnaies (Alliance de l’Alnion glutinosae) sont des forêts marécageuses dont le sol, gorgé d’eau quasi en continu, et inondé en hiver. La seule essence supportant ces conditions est l’aulne glutineux Alnus glutinosa et les espèces de saules Salix aurita, S. cinerea et leur hybride S. x multinervis. La flore herbacée comprend deux groupes édaphiques : soit mésotrophe et neutrocline (Irido-Alnion), soit oligotrophe et acidicline (Blechno-Alnion). La strate herbacée intègre de nombreuses espèces des roselières et des mégaphorbiaies. Les en- sembles d’aulnaies naturelles de quelque étendue et plus ou moins bien conservés sont devenus très rares en Europe et donc en Belgique car ces milieux sont fortement anthropisés (cultures ou peupleraies).

Les aulnaies sont classées en trois associations suivant la richesse minérale du substrat : depuis l’aulnaie marécageuse sur substrats eutrophes (Macrophorbio-Alnetum), celle sur substrats mésotrophes (Carici elongatae-Alnetum) à celle sur substrats oligotrophes (Carici laevigatae-Alnetum). Les deux premières relèvent de l’Irido-Alnion (présence de l’iris jaune Iris pseudacorus), la dernière du Blechno-Alnion (présence de différentes espèces acidiphiles et de sphaignes Sphagnum spp.)

Saulaie tourbeuse acidiphile

Association Frangulo-Salicetum Tüxen 1937

Code EUNIS Fourrés de saule à oreillettes et bourdaine

Code CORINE 44.922

Caractéristiques stationnelles

Ces fourrés se développent sur des sols tourbeux (organiques), acides et oligotrophes (pH inférieur à 4) et colonisant les tourbières. La nappe phréatique est affleurante mais il n’y a jamais d’inondation. Il s’agit d’un stade pionnier à la boulaie tourbeuse. Cette communauté est très ponctuelle, en taches ou en ceintures dans les landes tourbeuses ou tourbières acides d’Ardenne et Haute-Ardenne.

Physionomie de la végétation

Le saule cendré Salix cinerea, le saule à oreillettes S. aurita (et d’autres comme S. x multinervis) se retrouvent avec la bourdaine Frangula alnus. L’aulne Alnus glutinosa peut parfois s’installer. La strate herbacée est représentée par la molinie Molinia caerulea et le calamagrostis Calamagrostis canescens. On peut y rencontrer le cirse des marais Cirsium palustre, le gaillet Galium palustre, le roseau Phragmites australis. Les sphaignes sont omnipré- sentes. Quelques pieds de fougères Dryopteris carthusiana ou D. dilatata s’y retrouvent également.

Boulaie tourbeuse

Association Vaccinio (uliginosi)-Betuletum pubescentis Tüxen 1937

Code EUNIS G.1.51 – Boulaie tourbeuse à sphaignes

Code CORINE 44.A1

Caractéristiques stationnelles

Les associations du Betulion pubescentis sont des forêts claires qui se développent sur des sols tourbeux (organiques), acides et oligotrophes (pH inférieur à 4). Colonisant les tourbières hautes et les bas-marais, elles sont caractéristiques des zones biogéographiques boréales. La nappe est affleurante mais il n’y a jamais d’inondation. Ces boulaies ne se retrouvent que comme reliques boréales dans le domaine médio-européen, c’est-à-dire que l’altitude et le climat plus rude régnant sur les hauts plateaux ardennais per- mettent leur maintien hors de Scandinavie. Une seule association, devenue très rare, Vaccinio (uliginosi)-Betuletum pubescentis est présente. Il s’agit de la formation naturelle sur substrats tourbeux acides. Ces stations ont cependant très souvent été détruites par drainage pour y installer des plantations d’épicéas.

Physionomie de la végétation

Le bouleau pubescent Betula pubescens domine la strate arborescente avec un couvert qui reste cependant assez léger. Le chêne pédonculé Quercus robur, le saule cendré Salix cinerea et le sorbier des oiseleurs Sorbus aucuparia se retrouvent de manière éparse en strate arbustive. Les espèces herbacées sont acidiphiles et hygrophiles. La molinie Molinia caerulea et la myrtille Vaccinium myrtillus sont caractéristiques de ce milieu. La strate herbacée comporte également des espèces relictes boréales (subsistant depuis la fin des glaciations il y a 8-10 000 ans), en particulier la camarine noire Empetrum nigrum, la trientale d’Europe Lysimachia (= Trientalis) europaea et la myrtille aux loups Vaccinium uliginosum. La flore bryophytique (sphaignes, mousses et hépatiques) est particulièrement bien développée. Des tapis de sphaignes comprenant Sphagnum apiculatum, S. fimbriatum, S. flexuosum ou S. palustre se rencontrent ainsi que Polytrichum commune. Quelques pieds de fougères Dryopteris carthusiana ou Athyrium filix-femina s’y retrouvent également.

Aulnaie marécageuse-mégaphorbiaie

Association Macrophorbio-Alnetum Lemée 1937 et Carici elongatae-Alnetum Tüxen 1937 (Filipendulo -Alnetum (Lemée) Rameau 1994 ou Cirsio – Alnetum Lemée 1937 et Peucedano- Alnetum Noirfalise & Sougnez 1961)

Code EUNIS G.1.41 Aulnaie marécageuse

Code CORINE 44.91

Caractéristiques stationnelles
Cette aulnaie se rencontre sur matériaux alluvionnaires, sols eutrophes et mésotrophes gorgés d’eau. Elle est localisée dans les dépressions maréca- geuses des plaines fluviatiles et sur les zones de source et sur les terrasses très humides de petits ruisseaux. Les sols sont organiques, mésotrophes ou à réaction neutro-alcaline, et baignés par des eaux carbonatées (pH 5,5-8,0). L’humus est de type anmoor. Elle constituait anciennement d’importants peuplements dans les vallées d’Europe occidentale. Elle a une valeur biolo- gique élevée de par sa grande diversité floristique. Cependant, elle a surtout été remplacée, après création de réseaux de drainage, par des peupleraies (ou champs de maïs). A présent, en Belgique, cette formation très rare ne subsiste qu’à l’état fragmentaire.

Physionomie de la végétation
La strate arborescente est quasi exclusivement constituée par l’aulne glutineux Alnus glutinosa ; du frêne Fraxinus excelsior se développe parfois dans la strate arbustive sans toutefois y subsister. La strate arbustive, bien que de recouvrement assez faible, comprend de nombreuses espèces de saules (Salix cinerea, S. aurita et leur hybride S. x multinervis). La viorne obier Viburnum opulus, ainsi que du houblon Humulus lupulus et la douce-amère Solanum dulcamara, peuvent être présentes. La strate herbacée, très abondante, est caractérisée par une végétation de mégaphorbiaie, méso-hygrophile comprenant le cirse maraîcher Cirsium oleraceum, l’eupatoire Eupatorium cannabinum, la reine des prés Filipendula ulmaria, la grande prêle Equisetum telmateia et des hygrophiles et hygroclines comme iris jaune Iris pseudacorus, chanvre d’eau Lycopus europaeus, angélique Angelica sylvestris, populage Caltha palustris, gaillet des marais Galium palustre, lysimaque Lysimachia vulgaris, valériane Valeriana dioica. On peut aussi y retrouver des neutronitrophiles comme l’ortie Urtica dioica ou au contraire une hygrophile acidicline, la laîche alongée Carex elongata.

Aulnaie marécageuse

Association Carici laevigatae-Alnetum Bodeux 1955

Code EUNIS G.1.52 – Aulnaie marécageuse acidiphile

Code CORINE 44.912

Caractéristiques stationnelles

L’aulnaie oligotrophe à sphaignes est une aulnaie-galerie des ruisseaux et des zones de suintements, dont les eaux sont acides et oligotrophes. Les sols acides (pH : 4,5-5,0) sont constitués d’alluvions, constamment gorgés d’eau, et sont souvent organiques en surface. L’humus est de type anmoor. Cette formation, très rare, peut encore se rencontrer en Ardenne et est confinée en tête du système hydrographique sur les hauts plateaux. Ces zones coïncident avec l’aire de distribution de l’espèce hygrophile caractéristique de l’association, la laîche lisse Carex laevigata.

Physionomie de la végétation

L’aulne glutineux Alnus glutinosa est parfois en mélange avec le bouleau pu- bescent Betula pubescens et le chêne pédonculé Quercus robur. La strate arbustive est généralement peu développée (saule à oreillettes Salix aurita). La strate herbacée est caractérisée par l’espèce oligotrophe, la laîche lisse Carex laevigata, ainsi que les Poacées Agrostis canina, Deschampsia cespitosa ou la bistorte Bistorta officinalis (= Persicaria bistorta), la fougère Blechnum spicant, la prêle des bois Equisetum sylvaticum. Dans la plupart des cas, plusieurs espèces de sphaignes (Sphagnum spp.) se retrouvent par plages ou en tapis continu.

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