Formation en biologie végétale
Morphologie végétale
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Fruits

Les fruits

Les fruits résultent de la transformation de l’ovaire ou des ovaires d’une fleur fécondée; ils renferment la ou les graines, provenant de l’évolution de(s) ovule(s).

1. Croissance

Le développement de l’ovaire, depuis sa formation dans un bouton floral jusqu’au fruit mûr, lorsque la fleur a été pollinisée, est généralement continu.

Par contre, si la fleur n’a pas été pollinisée, cette croissance s’arrête brusquement et la fleur non fécondée se détache et tombe. Il y a néanmoins des exceptions assez rares, mais qui intéressent directement l’homme : certaines plantes produisent des fruits sans qu’il n’y ait eu pollinisation des fleurs. Il s’agit du phénomène de parthénocarpie qui engendre des fruits totalement dépourvus de graines. C’est le cas de certaines espèces sélectionnées et cultivées par l’homme comme les bananes comestibles, les oranges sans pépins, etc.

2. Différenciation histologique

Au terme des transformations, la paroi du fruit – qui provient directement de la paroi de l’ovaire – ou péricarpe comporte généralement trois parties suite à des différenciations histologiques en cours de croissance, à savoir, de l’extérieur vers l’intérieur : l’exocarpe ou épicarpe, le mésocarpe et l’endocarpe.

Outre la paroi de l’ovaire, d’autres parties de la fleur, voire de l’inflorescence, subissent une modification importante et participent à la constitution du fruit; la complexité augmente avec l’éventualité de la participation du réceptacle floral, comme c’est le cas, automatiquement, avec les espèces inferovariées. Certains auteurs considèrent que dès qu’il y a intervention, pour former le péricarpe, d’un élément autre que la paroi de l’ovaire, il faut parler de faux-fruit (ex. : pomme, noix); d’autres sont moins restrictifs.

Parmi les vrais fruits, on distingue, selon la consistance du péricarpe, les fruits charnus et les fruits secs.

Enfin, ajoutons qu’un gynécée à carpelles libres donnera un fruit apocarpe, composé de fruits élémentaires ou monocarpes (ex.: Ranunculus); la soudure plus ou moins intime des monocarpes entre eux donnera, quant à elle, un fruit agrégé et un gynécée à carpelles soudés donnera lui un fruit coenocarpe.

3. Fruits charnus

On distingue généralement deux types :
Figure 1 : Exemples de baies : raisin (en haut) et tomate (en bas)
Figure 2 : Exemple de drupe : la cerise

4. Fruits secs

Les fruits secs se scindent en deux catégories :

A. Les fruits secs indéhiscents

On les désigne sous le nom général d’akène. C’est le cas par exemple pour le fruit du noisetier, du chêne ou des astéracées.
Figure 3 : Fruits secs indéhiscents : fruits du châtaigner (à gauche) et du chêne (à droite)
On réserve le nom de samare à un akène pourvu d’une aile. La disamare est pourvue de deux ailes. Le caryopse, quant à lui, spécifique à la famille des Poaceae, est caractérisé par la soudure des téguments de la graine au péricarpe.
Figure 4 : Variantes de l’akène : a. samare d’un frêne – b. disamare d’un érable – c. caryopse d’un blé

B. Les fruits secs déhiscents

Ils s’ouvrent à maturité pour libérer les graines. La déhiscence se réalise le plus souvent longitudinalement par rapport à l’axe du fruit. On distingue principalement :
  • la déhiscence loculicide : elle se réalise au milieu des carpelles, le long de leur nervure médiane;
  • la déhiscence septicide : elle se réalise suivant la ligne de soudure de deux carpelles adjacents ; dans le cas d’un carpelle unique, la déhiscence se réalise alors le long de la ligne de soudure du carpelle sur lui-même;
  • la déhiscence septifrage : elle se réalise suivant deux parallèles aux placentas, de part et d’autre de ceux-ci.
Figure 5 : Type de déhiscence
Dans ce groupe important et diversifié de fruits, on distinguera principalement les types de fruits suivants :
Figure 6 : Capsule déhiscente de tulipe
Figure 7 : Pyxide de mouron
  • la silique : fruit à déhiscence septifrage, dérivant d’un ovaire composé de deux carpelles seulement, s’ouvrant en deux valves, avec développement d’une fausse cloison médiane d’origine placentaire (ex.: Brassicaceae). On utilise le terme de silique lorsque le fruit est beaucoup plus long que large et celui de silicule lorsque sa longueur ne dépasse pas trois ou quatre fois sa largeur;
Figure 8 : Silique de giroflée
Figure 9 : Follicule d’une hellébore
Figure 10 : Gousse du haricot

5. Fruits multiples

Ils proviennent de fleurs dont le gynécée est composé de plusieurs carpelles indépendants (gynécée polycarpe). Dans ce cas, une seule fleur produit plusieurs fruits. C’est le cas par exemple de la mûre des ronces composée de multiples drupes.
Figure 11 : Mûre composée de drupes

6. Fruits complexes ou faux-fruits

En général, il s’agit de fruits qui ne dérivent pas uniquement du gynécée, mais qui intègrent d’autres parties de la fleur (réceptacle, pièces périanthaires, etc.) et parfois même des fruits formés à partir d’une inflorescence complète (infrutescence). Ainsi chez la fraise, le réceptacle floral se développe considérablement et produit la partie charnue principale du fruit ; les carpelles se sont transformés en akènes fixés sur ce volumineux réceptacle.
Figure 12 : Fraise : a. entière – b. en coupe longitudinale
Chez la pomme ou la poire, l’ovaire infère est soudé au réceptacle floral. Le fruit comprend un mésocarpe charnu provenant en partie du réceptacle hypertrophié et pour une autre part de la paroi externe des carpelles. L’endocarpe, coriace, s’est constitué à partir de la paroi interne des 5 anciennes loges carpellaires.
Figure 13 : Pomme (Malus sylvestris)
Les infrutescences sont des fruits formés à partir d’une inflorescence.
Figure 14 : L’ananas est un bel exemple d’un épi devenu charnu
Figure 15 : Ananas : de la fleur au fruit

7. Graine

La structure de la graine est en relation directe avec celle de l’ovule, tout comme celle du fruit découle des particularités de l’ovaire. Après fécondation, pendant que l’ovaire se transforme en fruit, le ou les ovules qui y sont abrités évoluent vers la constitution de la ou des graines. La graine se compose essentiellement d’un tégument (simple ou double) et d’une amande (formée de l’embryon et de tissus de réserves constituant l’albumen). La taille, la forme, la pilosité, la consistance des graines varient considérablement selon les espèces et selon les modes de dissémination. Selon la présence ou non d’albumen dans les graines, celles-ci se classent en deux catégories :
Figure 16 : Graine albuminée
Figure 17 : Graine exalbuminée