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Morphologie végétale
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Fleurs

1. Fleur type d’angiosperme et terminologie

Les angiospermes regroupent les plantes à fleurs dont le(s) ovules est (sont) enfermé(s) dans un ovaire.

Une fleur type d’angiosperme peut être considérée comme une tige hautement modifiée à croissance déterminée.

De manière générale, les pièces florales (sépales, pétales, étamines et carpelles) sont homologues de feuilles. Dans les groupes primitifs, la structure d’une fleur est similaire à une tige feuillée.

Classiquement, la fleur d’angiosperme est constituée d’un ensemble de pièces florales fixées sur l’extrémité élargie ou réceptacle floral, d’un axe nommé pédicelle* floral. Le pédicelle floral est lui-même inséré sur une tige à l’aisselle d’une feuille modifiée (plus petite et plus coriace que les feuilles normales) appelée bractée.

* Pour information, l’axe d’une inflorescence portant un ensemble de fleurs est appelé pédoncule. Au sein d’une inflorescence, les pédicelles sont donc des ramifications du pédoncule.

La fleur type d’angiosperme est constituée du pédicelle, du réceptacle et de quatre verticilles ou groupes de pièces florales rangées en cercle autour d’un axe et s’y insérant à une même hauteur.

Les quatre verticilles sont scindés en deux catégories :

  1. le périanthe, ensemble de pièces stériles, ou enveloppe florale, composé de 2 verticilles :
    1. le calice, formé par l’ensemble des sépales, pièces souvent verdâtres d’aspect foliacé, situé à la base de la fleur ;
    2. la corolle, formée par l’ensemble des pétales souvent vivement colorés. Les pétales sont situés au-dessus des sépales.
  2. les organes reproducteurs ou pièces fertiles directement impliqués dans la reproduction et composés également de 2 verticilles :
    1. l’androcée, organe reproducteur mâle de la plante, formé par l’ensemble des étamines disposées en spirales ou en verticilles sur le réceptacle. Chaque étamine est elle-même subdivisée en un filet et une anthère libérant le pollen à maturité. L’anthère est constituée de 2 thèques comportant chacune 2 loges polliniques où est enfermé le pollen ;
    2. le gynécée ou pistil, organe reproducteur femelle de la plante, formé par un ou plusieurs carpelles libres ou soudés entre eux.
      Chaque carpelle est composé :

L’androcée et le gynécée ne sont spirales qu’assez rarement.
Figure 1 : Fleur type d’angiosperme

Dans la majorité des cas, la fleur possède à la fois un androcée et un gynécée : elle est dite bisexuée ou hermaphrodite. Dans différentes espèces cependant, toutes les fleurs ou certaines d’entre elles sont unisexuées, c’est-à-dire que les unes renferment un gynécée et pas d’androcée (fleurs pistillées avec parfois un rudiment d’androcée), les autres un androcée et pas de gynécée (fleurs staminées avec parfois un rudiment de gynécée) (Photo 1). On peut également rencontrer des fleurs stériles – sans étamines ni carpelles – occupant une position bien définie dans certaines inflorescences.

Si les fleurs mâles et femelles sont produites sur un même individu, la plante est dite monoïque; si ces fleurs sont produites sur des individus différents, la plante est appelée dioïque (Photo 2). Un cas rare est celui des plantes trioïques où il existe des individus mâles, des individus femelles et des individus hermaphrodites.

Enfin, il peut arriver qu’une plante porte à la fois des fleurs unisexuées mâles, des fleurs unisexues femelles et des fleurs hermaphrodites; dans ce cas, la plante est dite polygame.

Photo 1: Chez les laîches, les fleurs sont toujours unisexuées et parfois dans des inflorescences séparées, comme chez Carex laevigata (épis mâles au sommet de la tige, les femelles en-dessous)

Photo 2 : Comme son nom l’indique, Silene dioica est une plante dioïque

 

2. Réceptacle et périanthe

A. Le réceptacle et le mode d’insertion des pièces florales

Le réceptacle est l’extrémité renflée de l’axe floral où s’insèrent les pièces florales ; en réalité c’est un axe dont les nœuds et entre-nœuds sont très rapprochés.

Dans une fleur complète, le réceptacle porte les pièces florales, c’est-à-dire le périanthe composé du calice et de la corolle, l’androcée et le gynécée.

Les pièces florales s’y insèrent en verticilles concentriques (fleur cyclique) ou parfois hélicoïdalement (fleur acyclique ou spiralée). Les fleurs dont une partie des pièces s’insère hélicoïdalement et l’autre est disposée en verticilles, sont dites hémicycliques.

Ce réceptacle prend différentes formes. On distingue schématiquement le réceptacle :

  1. thalamiflore : de forme conique ou convexe (renoncules – Photo 3)
  2. caliciflore : en forme de calice  (concave ou en coupe)(groseiller).
  3. disciflore : comprenant un disque nectarifère (Apiacées – Photo 4)

La forme du réceptacle détermine dans une large mesure la position relative du gynécée par rapport aux autres pièces florales (voir section “c. Position de l’ovaire” sous “”4. Gynécée”).

Figure 2 : Types de réceptacle : a. Thalamiflore – b. Caliciflore – c. Disciflore
Photo 3 : Réceptacle conique et accrescent de Ranunculus sceleratus
Photo 4 : Un disque nectarifère supporte les deux styles au sommet des diakènes des ombéllifères. Bunium bulbocastanum

B. Le périanthe

Le périanthe est constitué de deux types de pièces florales :

  1. les sépales, formant le calice, généralement verts, parfois bruns et scarieux, rarement colorés (sépales pétaloïdes) ;
  2. les pétales, formant la corolle, généralement plus grands que les sépales, blancs ou vivement colorés, rarement réduits.

Il existe néanmoins certains cas particuliers :

On distingue deux cas : les fleurs à périanthe simple sépaloïdes (exemple des chénopodes) (Photo 5) à tépales simulant le calice et les fleurs à périanthe simple pétaloïdes à tépales simulant la corolle (Photo 6).

Photo 5 : Amaranthus hybridus, plante américaine naturalisée en Europe, a des fleurs à tépales sépaloïdes

Photo 6 : La limodore, orchidée présente des fleurs à périgone pétaloïde.

B.1 Le calice

Le calice est formé des sépales. Il peut prendre différentes formes :

Les sépales présentent une symétrie radiale (actinomorphe) par rapport à plusieurs plans ou une symétrie par rapport à seul un plan (zygomorphe).

Figure 3 : Symétrie radiale (a – actinomorphe) et bilatérale (b – zygomorphe)
Les principales formes de calices actinomorphes sont les suivantes :

étoilées, tubuleuses, infundibuliformes (en entonnoir), hypocratériformes (en trompette), urcéolées (en grelot) et campanulées (en cloche).

En ce qui concerne les calices zygomorphes, des formes dérivées des précédentes peuvent se rencontrer ; le cas le plus fréquent est le type bilabié, c’est-à-dire à deux lèvres (Photo 8).

Photo 7 : Les œillets font partie des Caryophyllacées à sépales soudés. Dianthus carthusianorum

Photo 8 : Calices bilabiés chez les Lamiacées, comme Teucrium botrys

On distingue notamment le :

Figure 4 : Principaux types de calices. a-f : calices actinomorphes; g-h : calices zygomorphes. a : étoilé; b : tubuleux (A : à dents dressées; B : à dents étalées; C : à dents réfléchies); c : infundibuliforme; d : hypocratériforme; e : urcéolé; f : campanulé; g : urcéolé-bilabié; h : bilabié (A : à lèvre supérieure entière et lèvre inférieure trilobée; B : à lèvre supérieure trilobée et lèvre inférieure bilobée)

La persistance du calice est également variable :

B.2 La corolle

La corolle est formée de pétales généralement colorés. On distingue des corolles de différentes formes :

Figure 5 : Pétales libres (a – dialypétale) et soudés (b – gamopétale)
Comme le calice, la symétrie de la corolle peut être actinomorphe ou zygomorphe

Photo 9 : Ligustrum ovalifolium, planté couramment en haies, présente des fleurs gamopétales

Les principales formes de corolles actinomorphes sont les suivantes :

cruciforme (en croix), étoilée ou rotacée (en roue) suivant le degré de soudure des pétales, tubuleuse, infundibuliforme, hypocratéiforme, urcéolée et campanulée.

Les corolles zygomorphes sont beaucoup plus variées que les calices de ce type ; on distingue les corolles unilabiées, bilabiées, personnées (à deux lèvres mais à gorge complètement fermée par un bourrelet de la lèvre inférieure), ligulées (fendu et étalé en languette vers le haut) et papilionacées.

Figure 6 : Principaux types de corolles (terminologie en partie applicable aux périgones). a-h : corolles actinomorphes ; i-m : corolles zygomorphes a : cruciforme; b : étoilée; c : rotacée; d : tubuleuse; e : infundibuliforme; f : hypocratériforme; g : urcéolée; h : campanulée; i : unilabiée; j : bilabiée; k : personnée-éperonnée; l : ligulée; m : papilionacée (A : ailes; C : carène; E : étendard)

La petite pervenche possède un calice gamosépale et une corolle gamopétale.

Figure 7 : Petite pervenche : calice gamosépale, corolle gamopétale

C. Disposition, nombre et symétrie des pièces florales du périanthe

C.1 Disposition des pièces florales

En ce qui concerne la disposition des pièces florales sur le réceptacle, on rencontre les cas suivants :

La fleur est dite hypogyne lorsque le périanthe et les étamines sont insérés plus bas que l’ovaire, ce qui implique un réceptacle cylindrique, conique, convexe ou peu près plan. Elle est périgyne lorsque le périanthe et les étamines sont insérés plus haut que le niveau d’insertion de l’ovaire, mais que celui-ci est libre ou partiellement libre du réceptacle; ce-dernier est donc creusé en outre ou en tube. Enfin, la fleur est dite épigyne quand le périanthe et les étamines sont insérées plus haut que l’ovaire et que celui-ci est totalement enfoncé dans le réceptacle.

C.2 Nombre de pièces florales

Le nombre de pièces florales par verticille varie également. On distingue les fleurs :

Photo 10 : Les millepertuis (ici, Hypericum humifusum) ont des fleurs pentamères

Figure 8 : Nombre de pièces florales par verticille : a. trimère – b. tétramère – c. pentamère – d. polymère

C.3 Cas particulier : les Astéracées (fleurs composées)

Il ne s’agit pas d’une fleur, mais de plusieurs fleurs regroupées en un capitule (inflorescence formée de fleurs sessiles, serrées au niveau du sommet élargi du pédoncule).

Les capitules regroupent deux types de fleurs :

Figure 9 : Fleur tubulée

Figure 10 : Fleur ligulée

On distingue trois types de capitules :

Photo 11 : Capitule de Tragopogon pratensis, le salsifis, composé uniquement de fleurs ligulées

3. Androcée

Pour rappel, les étamines, dont l’ensemble constitue l’androcée, sont les organes mâles de la fleur, dans lesquels se forment les grains de pollen ; tandis que le gynécée en est la partie femelle. L’androcée et le gynécée constituent les pièces florales fertiles en opposition au périanthe constitué de pièces florales stériles.

Chaque étamine est typiquement constituée d’une partie inférieure le plus souvent cylindrique, grêle et allongée (nommée filet) assurant sa fixation sur le réceptacle et d’une partie supérieure de forme très variable, appelée anthère. Cette dernière est généralement formée de deux thèques, unies par un connectif (prolongement du filet); chaque thèque renferme habituellement deux sacs polliniques (microsporanges), communiquant entre eux au moment de la libération du pollen – celle-ci se fait par déhiscence des anthères.

Figure 11 : Etamine et coupes transversales d’anthères

Les étamines sont extrêmement variées tant pour leur forme que pour leur couleur, parfois au sein de la même fleur.

A. Nombre et disposition des étamines dans la fleur

Les étamines sont implantées directement sur le réceptacle ou soudées au tube d’une corolle gamopétale ou d’un périgone gamotépale. Elles sont disposées en spirales ou en verticilles. Les étamines disposées en spirales sont habituellement présentes en grand nombre.

Dans le cas de la disposition en verticilles, on distingue cinq cas principaux, illustrés ci-dessous à l’aide de diagrammes floraux (pour une explication sur les diagrammes floraux, voir la rubrique traitant de l‘organisation florale dans ce même module) :

On groupe parfois les deux dernières dispositions sous le vocable commun d’haplostémonie.

B. Soudure des étamines entre elles ou avec d’autres pièces florales

Les étamines peuvent être rapprochées en faisceaux (étamines fasciculées), tout en gardant chacune un filet individualisé; dans ce cas, on parle de polyadelphie. Dans certains cas, les étamines, dites alors monadelphes, sont toutes soudées entre elles par leur filet – jusqu’à une certaine hauteur ou à peu près jusqu’au sommet – ; elles forment une sorte de tube. Parfois aussi, l’on peut retrouver sur une même fleur, un groupe d’étamines soudées accompagné d’une étamine libre; elles sont qualifiées alors de diadelphes (cas typique de nombreuses Fabaceae).

Figure 12 : Soudure des étamines : a. monadelphes – b. diadelphes

La coalescence intéresse parfois non les filets mais les anthères : soudées en un tube (androcée synanthérée) ou bien simplement rapprochées.

Les étamines sont parfois soudées aux autres pièces florales. C’est en général par le filet que se réalise cette soudure.

C. Position des anthères par rapport au filet

Dans la majorité des espèces, le filet est fixé à la base de l’anthère et le connectif se trouve dans son prolongement : l’anthère est dite dans ce cas innée ou basifixe. Dans d’autres cas, le filet est fixé sur toute la longueur de l’anthère, qui est dite adnée. Enfin, la connexion du filet peut-être limitée à un point, souvent médian (anthère médifixe), rarement apical (anthère apicifixe).

Les deux thèques sont d’ordinaire opposées, mais il arrive aussi qu’elles soient décalées l’une par rapport à l’autre. Certaines anthères sont monothèques.

Figure 13 : Principaux types de position des anthères par rapport au filet : a. basifixe ou innée – b. adnée – c. médifixe – d. apicifixe – e. à thèques décalées – f. monothèque (médifixe)

D. Autres variantes

Les thèques, habituellement droites, prennent différentes formes comme par exemple chez les Cucurbitaceae où elles sont en U ou de forme annulaire. Elles se terminent parfois en pointes plus ou moins allongées.

Les sacs polliniques, ordinairement au nombre de quatre (deux par thèque), sont parfois réduits à deux ou même à un seul; ils sont rarement plus nombreux.

Les filets, ordinairement simples, se ramifient dans certains cas. Généralement cylindriques, ils sont parfois aplatis en forme de lames et pourvus de longs poils, dits staminaux.

Il existe également des étamines stériles (comme par exemple chez le cacaoyer), appelées staminodes, ayant une morphologie très variée. La distinction avec des pétales ou des tépales n’est parfois pas toujours facile.

E. Libération du pollen (déhiscence des anthères)

La libération du pollen se fait par déhiscence des anthères selon différentes possibilités :
  • la déhiscence loculicide longitudinale : via une fente longitudinale dans le sens de l’axe de la thèque
  • la déhiscence loculicide transversale : via une fente transversale à l’axe de la thèque. Cas plus rare.
  • la déhiscence valvaire : ouverture par de petits clapets, généralement en position latérale
  • la déhiscence poricide : ouverture par un petit trou, généralement en position apicale
Figure 14 : Déhiscence des anthères : a. loculicide longitudinale – b. loculicide transversale – c. valvaire – d. poricide

F. Surface des grains de pollen

La surface des grains de pollen est très variable d’une espèce à l’autre. A titre illustratif, vous trouverez quatre formes différentes ci-contre.
Figure 15 : Surface des grains de pollen

4. Gynécée ou Pistil

Pour rappel, le gynécée ou pistil ou organe femelle est l’ensemble des carpelles d’une même fleur. Une partie importante du gynécée persiste après la fécondation et évolue en fruit. Le gynécée est parfois réduit à un seul carpelle. S’ils sont plusieurs, les carpelles sont libres ou soudés entre eux selon différents types d’organisation que nous décrirons ci-après. Le carpelle, généralement vert, comprend typiquement de la base au sommet : une partie basilaire dilatée et creuse, nommée ovaire contenant un ou plusieurs ovules, une partie médiane, le style, et une partie terminale, le stigmate papilleux. Le stigmate est normalement un collecteur de pollen et le style, une voie de passage du tube pollinique vers la cavité de l’ovaire. Le style et le stigmate prennent différentes formes.
Figure 16 : Styles et stigmates : a. capité – b. linéaire – c. punctiforme – d. discoïde – e. papilleux – f. plumeux
Le cas de l’hellébore fétide (Helleborus foetidus), dont le gynécée est composé de cinq carpelles libres et de grande taille, va nous permettre de définir l’organisation fondamentale d’un carpelle. Chaque carpelle est parcouru d’un sillon (fig a) qui est en réalité le point de soudure des bords carpellaires constituant les placentas sur lesquels sont fixés les ovules. Un jeune carpelle ouvert artificiellement au même endroit (fig b) présente l’aspect d’une feuille plane (fig c) portant près de ses bords épaissies (placentas) deux rangées d’ovules.
Figure 17 : Carpelle d’hellébore : a. vue légèrement de profil – b. vue partiellement ouverte – c. lame carpellaire étalée – d. coupe transversale d’un carpelle fermé
Les carpelles proviennent de l’involution d’un organe foliacé modifié (mégasporophylle) suivant le schéma suivant :
Figure 18 : Formation d’un carpelle
Un carpelle d’ellébore est donc une formation lamellaire portant des ovules et repliée sur elle-même. Après fécondation, les ovules deviendront les graines.

A. Degrés de soudure des carpelles

Selon que les carpelles sont indépendants ou soudés et selon que chaque lame carpellaire est refermée sur elle-même ou forme un ovaire constitué de plusieurs lames, on distingue les principaux types de gynécées suivants : Le gynécée apocarpe : gynécée formé de carpelles indépendants ou d’un carpelle unique (gynécée unicarpellaire). Les gynécées apocarpes formés de plusieurs carpelles indépendants se rencontrent principalement chez les angiospermes primitives (magnoliacées, etc.). La présence d’un carpelle unique n’est pas considérée comme un caractère primitif, mais au contraire, comme la simplification d’un gynénée multicarpellé. Le gynécée coenocarpe (ou syncarpe) : gynécée formé de carpelles partiellement ou totalement soudés. On distingue plusieurs cas :
Figure 19 : Gynécée syncarpe (ou coenocarpe) a) union totale des ovaires, les styles demeurant indépendants – b) union totale des ovaires, union partielle des styles – c) union totale des ovaires et des styles, les stigmates demeurant libres – d) union totale des ovaires, styles et stigmates.

B. Cloisonnement de l’ovaire

L’union des carpelles, ou plus précisément des lames carpellaires, varie également dans le cas des gynécées syncarpes :
  • les lames carpellaires sont fermées sur elles-mêmes (carpelles fermés) et soudées entre elles par leurs faces dorsales ; la cavité de l’ovaire comprend autant de loges que de carpelles délimités par des cloisons ou septums (ovaire biloculaire, triloculaire ou pluriloculaire). On parle dans ce cas de gynécée coenocarpe
  • les lames carpellaires sont ouvertes et soudées par leurs bords ; la cavité de l’ovaire ne comprend alors qu’une seule grande loge sans cloison mais formée par plusieurs carpelles (ovaire uniloculaire). Le gynécée coenocarpe est alors qualifié de paracarpe.
Figure 20 : Cloisonnement de l’ovaire : a. ovaire composé pluriloculaire (syncarpe) – b. ovaire composé uniloculaire (paracarpe)

C. Position de l’ovaire

Le réceptacle floral se développe différemment d’une espèce à l’autre et détermine des positions différentes entre le gynécée et les autres pièces florales. L’ovaire est dit semi-infère s’il est partiellement enfoncé et soud dans le réceptacle; inère, s’il est totalement enfoncé et soud et supère, s’il ne l’est pas du tout, que le réceptacle soit creusé ou non.
Figure 21 : Position de l’ovaire : a. supère – b. semi-infère – c. infère

D. Placentation (ou insertion des ovules dans l’ovaire)

La placentation est la disposition des placentas, donc des ovules, à l’intérieur de l’ovaire. Les placentas apparaissent sur la paroi interne des carpelles ou sur un prolongement de l’extrémité de l’axe de la fleur : L’insertion est :
  • marginale quand les placentas sont fixés à la paroi carpellaire et que l’insertion des ovules se fait sur le bord du carpelle ;
  • laminale quand l’insertion se fait sur la surface de cette paroi ;
  • enfin, cette insertion peut se faire sur l’extrémité de l’axe de la fleur, soit sur une colonne prolongeant cet axe (insertion axiale), soit à la base de l’ovaire (insertion basale), soit au sommet d’un ovaire uniloculaire (insertion apicale – ou subapicale).
Dans le cas d’un gynécée apocarpe (formé de carpelles indépendants), la placentation est la plus souvent marginale. Dans un gynécée unicarpellaire, elle est marginale, ou basale, ou encore apicale. S’il s’agit d’un gynécée syncarpe (carpelles partiellement ou totalement soudés), la combinaison de la syncarpie ou de la paracarpie avec le mode d’insertion des ovules permet d’établir trois types fondamentaux et deux types accessoires de placentation :
Figure 22 : Principaux types de placentation (gynécée coenocarpe) : a. pariétale – b. axile – c. centrale – d. basale – e. subapicale

E. Eléments constitutifs d’un ovule

L’ovule, malgré sa petite taille, présente une organisation relativement complexe. On distingue : L’ouverture apicale étroite ménagèe par le(s) tégument(s) porte le nom de micropyle.
Figure 23 : Ovule

5. Organisation florale

A. Répartition des sexes

Les espèces hermaphrodites, c’est-à-dire munies à la fois d’un androcée et d’un gynécée, sont les plus nombreuses ; on distingue néanmoins des espèces monoïques (plante dont les organes reproducteurs mâles et femelles sont portés par le même individu) et des espèces dioïques (plante dont les organes reproducteurs mâles et les organes reproducteurs femelles sont portés par des individus différents).
Figure 24 : Plante monoïque : le maïs
Figure 25 : Plante dioïque : le saule
Lorsqu’on passe au niveau des fleurs elles-mêmes, on qualifie de monocline les fleurs hermaphrodites (organes mâles et femelles sur la même fleur) et de dicline les fleurs unisexuées. La répartition des sexes au niveau des individus et des fleurs permet de déterminer 4 catégories différentes:
  1. l’hermaphrodisme (= plante monoïque monocline) Une espèce est dite hermaphrodite lorsque chacune de ses fleurs est elle même hermaphrodite (monocline), c’est-à-dire munie à la fois d’un androcée et d’un gynécée, par opposition aux fleurs unisexuées. C’est le cas de la très grande majorité des angiospermes.
  2. la monoécie (= plante monoïque dicline) Dans ce cas, chaque individu produit, comme chez les espèces hermaphrodite, des étamines et des carpelles, mais ces organes sont portés par des fleurs unisexuées différentes sur le même individu. Une plante monoïque portera donc des fleurs mâles (fleurs staminées) et des fleurs femelles (fleurs pistillées) sur le même individu. Un même génotype est donc à l’origine des cellules reproductrices mâles et femelles (comme pour l’hermaphrodisme).
  3. la dioécie (= plante dioïque dicline) Une espèce est dioïque quand ses fleurs mâles et ses fleurs femelles sont portées par des pieds différents. Il existe des plantes mâles portant uniquement des fleurs staminées et des plantes femelles portant uniquement des fleurs pistillées. Les organes reproducteurs mâles et femelles sont donc portés par des fleurs unisexuées différentes sur des individus différents. Avec la dioécie, les cellules reproductrices mâles et femelles sont formées à partir de deux génotypes différents.
  4. la polygamie Les espèces polygames forment à la fois des fleurs hermaphrodites et des fleurs diclines
Figure 26 : Répartition des sexes chez les Angiospermes : a. plante à fleurs hermaphrodites – b. plante monoïque dicline – c. plantes dioïques diclines

B. Formule et diagramme floraux

La formule florale est une représentation de la morphologie d’une fleur sous forme de formule. Elle indique le nombre de pièces florales en groupe de sigles (S : sépales ; P : pétales ; E ou A : étamines ; C ou G : carpelles) précisant la nature des pièces présentes dans une fleur et leur nombre, éventuellement aussi leur disposition (en un ou deux cycles par exemple). Pour la famille des géraniums, nous aurons par exemple : S5 P5 E5+5 C5, soit une fleur de type 5 (pentamère) qui possède 5 sépales, 5 pétales, 10 étamines (en 2 verticilles) et 5 carpelles. La formule comprend également des informations complémentaires : 1. les parenthèses : pour indiquer que des pièces florales sont soudées entre elles :
    1.   carpelles libres : Cx
    2. carpelles soudés : C(x)
2. le trait : pour préciser la position de l’ovaire 3. la lettre “T” : pour désigner les tépales. 4. le sigle “infini” indique un nombre indéterminé de pièces ou un nombre élevé de celles-ci. 5. le type de symétrie est représenté par : 6. les exposants et indices associés au carpelles
    1. exposant pour préciser le nombre de loges ovariennes
    2. indice pour préciser le nombre d’ovules par loges
Une formule florale complète s’écrit donc comme suit :
Figure 27 : Formule florale
Figure 28 : Formule et diagramme floraux de Nicotiana tabacum L.
Quand au diagramme floral, il s’agit d’une représentation graphique de la structure de la fleur en coupe transversale à travers les différentes pièces florales (calice, corolle, androcée au niveau des anthères, gynécée au niveau des placentas). Par convention, on oriente le diagramme en situant vers le haut la section transversale de l’axe portant la fleur et vers le bas, celle de la bractée sous-tendante. Les soudures entre pièces voisines sont indiquées par des traits ou des pointillés.
Figure 29 : Formule et diagramme floraux du géranium : a. axe de l’inflorescence – b. bractée – p. préfeuille.